Elsasser Wurtzle

Généalogie & chronique familiale

1881: Le téléphone à Mulhouse !

Mulhouse, pour mémoire, rattaché à l’Allemagne, devient la toute première ville de l’Empire à se munir d’un tout nouveau système de MULHOUSE-téléphonecommunication : Le téléphone. Cette histoire débute avec Auguste Lalance (1830-1920), un industriel qui à proximité de Mulhouse exploite, depuis 1870, une usine d’impression sur étoffes dans l’enceinte de l’ancien château de Pfastatt. Auguste passionné par les nouvelles technologies, a fait l’acquisition auprès d’un ami vivant aux États-Unis,  d’une copie d’un appareil de Alexandre Graham- Bell.  Il pu rapidement s’apercevoir qu’un dispositif incroyable capable de transmettre la voix au moyen de l’électricité déchaînait les passions et on lui proposa d’en faire profiter un plus grand nombre de personnes en préparant une conférence.  Ce qu’il fit rapidement, à la salle mythique de la bourse, où la conférence était des plus spectaculaires.

Il a tout simplement eu l’idée de dérouler les câbles de cet appareil jusqu’à l’appartement d’un ami, Dollfus qui s’était proposé pour converser en direct avec le public. Un public enchanté qui ne manquât pas de poser toutes les questions qui s’imposaient. Pour  l’occasion,  Dollfus s’est entouré d’amis musiciens qui donnèrent même un petit aperçu de leur talent .., toujours en direct!

Le public était époustouflé et dans l’impossibilité de refréner l’enthousiasme qui l’animait. Les jours et les semaines qui suivirent, cette conférence était devenue, un des principaux sujets de conversations dans toute la ville et sa banlieue…

Quelques mois plus tard, en Amérique et en France, se constituent des sociétés pour exploiter l’invention. A Mulhouse, l’intérêt pour les industriels était le même et dès 1877, une première installation d’origine privée relie les deux fabriques des établissements Schlumberger & Cie dont l’une est située à proximité de la Porte-Jeune, l’autre environ 5 km plus loin,  à la Mer Rouge à Dornach.

Les autres industriels Mulhousiens espéraient également de pouvoir bénéficier  rapidement de ce progrès technologique dont ils avaient un réel besoin pour gagner en efficacité. Lalance devenu pour l’occasion, le spécialiste du sujet fut sollicité pour entreprendre les démarches dans la perspective de récolter les autorisations nécessaires  pour pouvoir débuter les travaux et poser les installations devenues indispensables.

Il envoie à Berlin, pour ce faire, une longue lettre dans laquelle il décrit son projet à Heinrich von Stephan, ministre de la Reichpost en insistant sur le fait qu’il était mandaté par un groupe d’industriels qui étaient, d’ors et déjà, prêts pour entamer rapidement les travaux et en assurer l’exploitation commerciale. Naturellement, il précise également que si le Reich désire s’approprier le projet, la ville de Mulhouse offrirait son concours et que les industriels renonceraient a leur vision commerciale de l’affaire.

La réponse est des plus rapides, car seulement deux jours après la réception de cette lettre, Lalance reçu un télégramme annonçant la venue imminente d’un conseiller. Dès son arrivée, l’affaire fut conclue et les travaux sont entamés dans la foulée aux frais de l’État qui avait posé comme simple condition pour entamer les travaux d’avoir au préalable, 100 promesses d’abonnements à ce nouveau système. L’État, précise qu’il se réserve le monopole si cette expérience est concluante.

Tout naturellement, les Établissements d’impression, de teinture et de Blanchissement sur étoffes de Auguste Lalance associé  à Gustave Schaeffer à Pfastatt, reçu le numéro un et pas moins de 165 conversations sont échangées dès le premier jour..,  ce mémorable 24 janvier 1881, date  officielle du début de la  téléphonie de l’empire!

Deux mois plus tard et fort de l’expérience Mulhousienne, la ville de Berlin met en service avec seulement 48 abonnés son propre central téléphonique. Les années qui suivirent assuraient un succès fulgurant comme en témoignent, par exemple, les statistiques pour l’année 1908 qui annoncent  838 000 abonnés alors qu’en France, pour la même année,  on en retrouve seulement 182 000 !

Quant à la ville de Mulhouse, c’est un succès total puisque cela remodèle complètement la ville qui voit naître de nouveaux métiers. Installateurs de lignes qui doivent résoudre de nouveaux défis avec des fils qui courent maintenant de toits en toits,  les demoiselles du téléphone pour  relier électriquement les personnes entre- elles. Deux ans plus tard, en 1883, ces dernières sont déjà complètement débordées puisqu’elles doivent connecter une personne toutes les deux minutes!

En 1895, revers de la médaille, c’est une première vague de licenciements d’employés du télégraphe, victimes  de l’invention du téléphone.., faisant suite à la création d’une nouvelle poste centrale. La grande majorité de ces victimes furent cependant reclassées dans d’autres entreprises,  car le patronat d’alors avait encore des problèmes de conscience et un sens certain du devoir qui profitât directement à un de mes ancêtres: Carl Friedrich Baumgärtner .

Sources & liens, etc:

  • Mülhauser Tagblatt  (1941)
  • Meine Erinnerungen 1830-1914 / Auguste Lalance
  • Wikipédia
  • Histoire familiale
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