Aujourd’hui, c’est la Saint-Nicolas dont tout le monde connaît la légende. Celle de Hans Trapp est bien moins répandue et pourtant ce dernier, son éternel esclave, lui est indissociable. Ce père-fouettard est aussi réquisitionné à Noël où il accompagne notre Christkindele dans sa tournée. Son sac est prévu pour y jeter les enfants qui ont été trop méchants durant l’année. Il distribue également du charbon qui traîne au fond de ses poches en guise de cadeaux à ceux qui ne méritent pas les bontés du Santi-Klaus!
Il est bien plus encore, puisqu’il terrorise les enfants tout au long de l’année et quel gamin, parlant le dialecte, dans toute l’Alsace ou en Lorraine, ne s’est pas entendu dire lorsqu’il a fait une bêtise: "Wàcht nur bis d’r Hans Tràpp Kummt! (Attends seulement l’arrivée du père fouettard!)" ou une variante du même acabit !?
Ce repoussant personnage a réellement existé au XVe siècle à proximité de Wissembourg. Son vrai nom, Hans de Drodt est un chevalier que l’on craint à des lieues à la ronde. Il est rattaché au comte Palatin Frédéric le Victorieux , qui lui a donné le château de Berwartstein distant de Wissembourg de seulement 15 kilomètres. Hans Drodt, fit du château une véritable forteresse. Ses méfaits ont traversé le temps pour incarner le mal de manière durable. L’histoire a retenu de lui qu’il était très riche et puissant, qu’il a mené une vie de débauche et certains étaient convaincus qu’il vouait un culte au roi des démons. Parmi ses méfaits, on lui reproche d’être un véritable tyran qui rançonne la population et interdit même de ramasser du bois en forêt. Il détourne par pur sadisme le cours d’eaux qui alimentent les moulins et qui sont aussi utilisés pour faire flotter les bois coupés qui doivent alors être manutentionnés péniblement. On dit de lui qu’il se délecte des souffrances du peuple. On sait qu’il s’est emparé avec violence des biens de l’abbaye de Wissembourg et que pour cette raison, il fut excommunié par le Pape Innocent VIII. Il mourut en 1503 et c’est ainsi qu’une légende est née. Au fil des ans, son personnage se dessine durablement dans une surenchère de cruauté devenant, petit à petit, un horrible épouvantail anthropophage avec une préférence pour la chair douce des enfants!