C’est vers la fin du 19e siècle qu’apparaît le Wihnàchtmànn (Père Noël), un personnage ressemblant vaguement au Saint-Nicolas, mais laïcisé, qui occupe petit à petit, l’espace sacré réservé auparavant au Christkindle. Tout le monde connaît le Père Noël, on ne va pas s’y attarder malgré que l’histoire de son origine reste floue. En revanche, le Christkindle (littéralement l’enfant Jésus) n’a pas la même popularité dans l’hexagone à l’exception de l’Alsace et de la Lorraine où il transmet depuis des siècles, les cadeaux de fin d’année sous l’apparence d’une jeune fille blonde vêtue de blanc, souvent voilée, avec ou sans ailes et coiffée d’une couronne flamboyante voire même, communément, d’un ornement circulaire composé de bougies allumées.
C’est en 1570, un dimanche matin du mois de décembre que Johannes Flinner, le curé installé depuis 1561, monte à la chaire de la cathédrale de Strasbourg pour sermonner les chrétiens sur la fâcheuse habitude qu’ils ont de s’échanger des cadeaux le jour de la St-Nicolas. Pétri d’idées réformistes, il affirme que ce dernier est un élément du Papisme, un morceau de levain des Pharisiens. Il explique également, avec force et conviction, qu’il faille dire aux enfants que c’est l’enfant Jésus et non pas Saint-Nicolas, qui apporte les cadeaux. Orateur de talent, l’impact fut énorme au point d’installer durablement une nouvelle habitude, mais sans que pour autant réussir à ce que les Alsaciens se défassent des coutumes précédentes.
Les historiens s’accordent pour affirmer qu’il y a eu une confusion qui s’est étalé au fil des ans entre la Sainte-Lucie célébrée le 23 décembre (avant 1582 date de la réforme du calendrier) et le Christkindle qui a revêtu ses particularités vestimentaires.
Pendant le réveillon de Noël, il (ou elle.., au choix) vient sur son âne (le Pecker Esel) ou dans un chariot d’or, surchargé de présents dans des sacs qui débordent. Le terrifiant Hans Trapp l’accompagne. Au loin, on entend sa clochette et tandis que les enfants sages se réjouissent, ceux qui n’ont pas la conscience tranquille n’entendent que le bruit des chaînes de son esclave. La tension est à son maximum quand il entre dans la pièce avec dans la main un pain d’épices en forme de cœur et qu’il touche de sa baguette le front des enfants, signe qu’ils sont touchés par la grâce et ne seront pas emportés par l’horrible acolyte. Il jette ensuite des sucreries et des fruits secs avant de repartir en ayant déposé les cadeaux tant attendus (non sans avoir demandé auparavant à l’enfant.., un chant de Noël ou la récitation d’ une prière!).

S’Christkindele & Hans Tràpp
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