Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Galériens et bagnards [1]: SCHWAB François Antoine (p1)

Première partie: le départ

Je n’ai pu établir aucun lien* entre cet individu et les Schwab de ma famille, mais comme il m’a fallu faire quelques investigations pour m’en assurer.., autant qu’elles servent à des internautes ayant cette branche dans leur arbre!

Voici donc, les quelques informations que j’ai pu glaner, çà et là,  sans trop m’investir plus en avant.

SCHWAB François Antoine naît le 17 janvier 1832 à 13 heures dans l’arrondissement de Wissembourg, dans la commune, qui de nos jours, est la plus à l’Est de la France, du nom de Lauterbourg, à seulement quelques pas de la frontière allemande. Cette municipalité du département du Bas-Rhin compte  près de 2600 habitants et son papa, Felix Michel, 26 ans, le tailleur d’habits est bien connu et apprécié des habitants, au moins pour son professionnalisme.   Après un mois de décembre plutôt doux, c’est un mois de janvier froid et sec qui accueille ce bébé.

La maman, Catherine, née avec le patronyme Antoine est de 3 ans plus âgée que son mari. Le papa, dont le prénom usuel est Félix, accompagné des deux témoins, avait présenté et déclaré  l’enfant à la mairie dès le lendemain à 13 heures. Cet enfant est le premier de ce couple qui a été obligé de se marier, un peu hâtivement il est vrai, au mois d’octobre, l’année passée. Une future mariée qui s’était présenté à la mairie alors enceinte de 6 mois!

Son premier témoin, est son papa, Jean Schwab, 58 ans,  un militaire à la retraite vivant dans la même commune et exerçant la profession de tonnelier.  Jean, natif de Saint-Martin, s’y est établi seulement après son service qui a duré 23 ans et 9 mois et où il avait obtenu le grade de sergent.

Le deuxième témoin est un autochtone de 54 ans,  George François Kramer, le préposé d’Octroi.  Felix signe l’acte de naissance en utilisant la calligraphie allemande, tandis que son papa (le militaire de carrière à la retraite) et le second témoin signent à la manière française

En 1833, il reçoit un petit frère que l’on prénomme Felix Michel comme son papa (mais qui décède deux ans plus tard) ; Marie-Anne sa première soeur naît en 1836; Rosalie en 1839, Jean et Alexandre, les jumeaux en 1842 mais Jean meurt  quelques jours plus tard; Eugène en 1843; César en 1845 et le dernier, Napoléon en 1849.

Malheureusement pour lui, à la naissance de son petit frère César, le 25 octobre 1845, François Antoine est déjà derrière les barreaux puisque il a été condamné depuis le 26 août, par le tribunal de Wissembourg à deux années de détention en correctionnelle pour vol. Il a seulement 13 ans !

François Antoine a 16 ans quand son héroïque grand-père décède le 16 février 1848.

Le 21 août 1852, il est à nouveau condamné à deux années de prison pour vol. Il est libéré le 20 août 1854.

En 1855 une année pourrie, froide et humide,  qui voit des flambées de prix jusqu’en 1856 dues à  de mauvaises récoltes,  il commet des vols par effraction dans des habitations de plusieurs communes de l’arrondissement de Strasbourg et même dans la ville de Strasbourg en jouant les monte-en-l’air.

1856, est également l’année de son mariage où il épouse à Strasbourg, le 21 octobre, Sophie Robin, une fille mineure âgée de 18 ans.

Sont présents au mariage uniquement les parents de l’épouse et François Antoine produira pour l’occasion un acte de consentement de son papa et de sa maman datée du 13 octobre et donné devant Me Britt, notaire à Lauterbourg.

Quand leur enfant, Charles Alphonse naît le 5 avril de l’année suivante, François Antoine apparaît comme absent sur l’acte de naissance. la raison en est qu’il est arrêté, puis condamné le 18 juin 1857 en étant âgé de 25 ans à 12 années de travaux forcés pour vols et tentative de vol et après avoir purgé sa peine il est prévu qu’il sera toute sa vie sous la surveillance de la haute-police.

Les minutes du greffe de la cours d’Assise de Strasbourg, nous dressent son signalement: Il mesure 1 mètre 77, il a les cheveux, les sourcils et la barbe blonds; son front est large, il a les yeux bleus et le nez bien fait avec une petite bouche, le tout dans un visage ovale qui se termine avec un menton rond. Sa peau est mate et le teint ordinaire. Aucun renseignement sur le poids et la corpulence émane de ce document, mais ce qui est certain, c’est qu’il sait lire et écrire.

Il est envoyé au bagne de Toulon en fourgon cellulaire où il met effectivement les pieds le 18 août de la même année avec d’autres compagnons d’infortune. On reprend son signalement qui a changé: ses poils blonds ont roussis, pour la mesure il s’est apparemment tassé en perdant 4 centimètres et même son regard semble avoir pris des reflets cuivrés et la description de son nez donne une impression de volume sous la plume de l’agent chargé de la description. Il est tondu et on lui passe les effets qu’il devra porter pendant toute sa peine:  une chemise blanche et un pantalon jaune vif, un gilet rouge ainsi qu’ un bonnet rouge reprenant son matricule et une paire de souliers ferrés.

bagnecayeneIl n’y restera pas longtemps, car il est déporté dans cet enfer redouté situé en Guyane Française où il doit purger le reste de sa peine. Il y rencontre d’autres alsaciens et parmi eux, il y a même un qui porte son patronyme et qui avait eu sa condamnation, un an avant lui!

Peut-être même qu’ils ont fait le terrible voyage ensembles.., on en sait pas plus…

Je ne sais absolument rien de son affectation; s’il a été envoyé aux travaux portuaires, à l’assainissement des marais, à la construction de la route de la mort, mais ce qui est certain est que l’on y faisait pas de vieux os, car sur 17 000 hommes envoyés à Cayenne entre 1854 et 1867, wikipédia nous précise qu’il  n’y a eu que 7 000 survivants !

Pour clôturer cette présentation, je n’ai pas recherché la date et le lieu de son  son décès, mais si d’aventure vous disposez de renseignements complémentaires, je suis près à les inclure ici. De même, si vous trouvez des erreurs merci de me les signaler.

A suivre…

* Jean Schwab, le grand-père, militaire à la retraite, pouvait éventuellement être rattaché à ma famille puisqu’il est présenté comme étant natif de Saint-Martin, mais il ne s’agit pas là de la commune Bas-Rhinoise où l’on peut effectivement trouver certains Schwab qui puisent leurs origines à Triembach-Au-Val.  Ce ‘Saint-Martin’ là était, à l’époque Napoléonienne, une commune du département français appelé alors le Mont Tonnerre et situé juste au-dessus du Bas-Rhin.  Felix et ses autres enfants y sont nés mais dans une autre commune de ce département à  Pfedelbach.

—————————————۝—————————————

About these ads

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 193 autres abonnés

Member of The Internet Defense League

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 193 autres abonnés

%d bloggers like this: