Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Galériens et bagnards [1]: SCHWAB François Antoine (p2)

Seconde partie:  la libération et les projets

François Antoine fait partie des bagnards chanceux qui survivent aux conditions de détention, aux bagarres fréquentes et souvent fatales, aux traitements inhumains, aux fièvres diverses (le plus souvent contenues, mais qui déciment autant les bagnards que les surveillants et les autres habitants des lieux, comme la terrible épidémie de paludisme de 1860).

Oui, il convient de préciser qu’à cette époque,  l’espérance de vie moyenne d’un bagnard ne dépassait guère cinq ans!

Les investigations actuelles ne permettent pas de connaître la nature de son travail, peut-être que son allure acceptable; le fait qu’il ne soit ni un assassin ou un tortionnaire et son jeune âge, lui a permis d’être au service d’une famille de gardiens, d’un fonctionnaire quelconque et ainsi jouir d’une vie carcérale plus douce?

L’histoire de SCHWAB François Antoine et de sa femme ne s’arrête pas là, bien au contraire.  Il a purgé sa peine sans rallonge et à sa libération, en 1869, François Antoine reçoit un lopin de terre, une concession à Saint-Laurent du Maroni pour sa conduite exemplaire.

En Guyane avec une condamnation supérieure à huit ans de bagne, on se voit interdit à vie, un retour en France continentale et on fait obligatoirement parti du grand programme de colonisation.  Aux hommes célibataires s’étant acquittés de leur dette envers la société , on trouve une femme à marier que l’on fait venir du continent et aux mariés on autorise la venue de l’épouse.

Son fils, Charles Alphonse, a maintenant douze ans et se trouve depuis longtemps au couvent St-Charles de Schiltigheim  où sa  maman l’avait à un moment donné, été dans l’obligation de l’y placer. Elle était alors dans l’impossibilité de pourvoir à son bien-être,  son mari condamné, il fallait pouvoir remonter la pente à une époque compliquée pour beaucoup.

Pendant ces douze années de détention, François Antoine a gardé le contact avec Sophie, sa femme.  Il projette de la faire venir, mais ce n’est pas à lui de formuler la demande à l’administration.

Sophie, quant- à-elle garde le contact avec la famille de François Antoine.  Elle devient même très proche de Henriette, la cousine préférée de son mari. L’histoire ne raconte pas si elle écrit elle-même ou si elle se fait assister.  Toujours est-il qu’elle a envie de rejoindre son mari avec son fils et pour l’occasion trouve un travail à Paris pour être au plus près des administrations qu’elle sollicite. Elle est employée comme confectionneuse et passe pour une femme habile et sérieuse chez son employeur. Elle  loue une chambre au 42 rue Saint-Sauveur dans le second arrondissement.

Elle a un comportement exemplaire et le préfet de police chargé comme conseil pour évaluer sa moralité, donne un avis favorable au ministère des colonies qui l’avait mandaté pour enquêter sur elle, avant de l’autoriser à retirer son enfant de la pension gratuite qui l’héberge.  

Il ne reste que quelques étapes administratives et le grand voyage sans retour pourra se faire.

Schiltigheim-Couventstcharles

Couvent St-Charles à Schiltigheim

Au mois de février 1870, François Antoine sait qu’il va pouvoir revoir sa femme et le directeur du pénitencier fait parvenir au ministre de la marine et des colonies,  une lettre que le cabinet de ce dernier réceptionne le 25 mai 1870 dans laquelle il confirme que le concessionnaire Schwab peut faire face aux dépenses occasionnés par la venue de sa femme.

Mais tout ne se passe pas comme prévu, car l’étape administrative suivante, l’enquête faite  auprès des responsables religieux du couvent Saint-Charles à Schiltigheim,  qui héberge le fiston, est totalement défavorable à Sophie et François-Antoine et la conclusion est sans appel: Il est préférable que l’enfant puisse continuer à bénéficier  de la chance que lui offre cette structure.

Les échanges de courriers gagnent en régularité et suite à des complications, c’est sa cousine   Henriette Costar qui se charge de continuer des démarches*.  La grande traversée a de quoi effrayer Sophie, une femme seule sur un bateau pendant un si long trajet et sans l’autorisation d’emmener son fils, cela apparaît comme une entreprise risquée.

François-Antoine est mis au courant au fur et à mesure, de tous les rebondissements qui entravent les retrouvailles. Pour une raison que je n’ai pas su découvrir, Henriette tient à venir également en Guyane et le départ se précise.

A suivre…

* Le bénévole qui a numérisé les dossiers de bagnards a malheureusement eu des problèmes avec son appareil photo et de nombreuses pages me restent difficiles à déchiffrer puisque elles sont particulièrement floues.  Volontairement, je préfère donc éviter certains passages dont je ne suis pas totalement certain de pouvoir en restituer la teneur.

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