Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

BAUMGARTNER Jacques, manufacturier à Lörrach. Oui, mais en 3 exemplaires !

loerrach1Poursuivons sur le même ton et avec la même méthode de la pensée à voix haute offert par le précédent billet, en essayant une stratégie de résolution de problèmes qui consiste à identifier les données les plus pertinentes et à discriminer les autres.

Officiellement, le Jacques présenté comme manufacturier à Lörrach  dans mon billet sur son frère Jean, est né le 10 décembre 1782 dans le Haut-Rhin à Mulhouse. Il est le premier enfant de Jean et Anne Marguerite née RISLER.  Il est dit ensuite qu’il se marie le  24 février 1813 avec Catherine KOECHLIN.., toujours à Mulhouse. Dès qu’un Mulhousien pense « Lörrach« , c’est à lui que l’on pense!

Ménageons les effets.., dans mon dernier billet sur ce sujet, j’ai expliqué qu’il fallait essayer de démontrer que Jacques  n’est pas celui qui a épousé Catherine Koechlin. Comme j’ai fait le choix, d’entasser les « si » et de procéder par élimination pour tenter d’insérer des anecdotes transmis de génération en génération et d’identifier des personnes  là ou le temps en a effacé les noms, je me dois de préciser que ce n’était qu’une piste parmi d’autres. En définitive pas des meilleures. Figurez-vous que ce n’est pas le seul Baumgartner qui a épousé une Koechlin!

Rappelons-nous, en effet, que si je n’ai plus aucun souvenir de  noms ou de dates qui pourtant devaient faire partie intégrante de la transmission orale,  quelques détails bien précis me permettent cependant de tenter de les rattacher à des faits historiques connus.

Le si mystérieux « Baumgartner », insaisissable et polymorphe, de  la firme KBC de Lörrach , a mérité ces qualificatifs, car en réalité il s’agit, au minimum de deux personnes différentes.., voire trois!

En effet, on trouve également un  Johann Jacob Baumgartner, fils du couple précité, qui épouse le 12 février 1851 à Lörrach, Marie Amelie Koechlin.., fille de Isaac et de Marie Amélie née Dollfus. Ces individus-là, font de meilleurs candidats dans ma quête aux explications de cette légende familiale qui me titille depuis longtemps!

N’oublions pas, que la manufacture des Koechlin change de dénomination, cinq ans après ce mariage, en 1856, pour intégrer le patronyme Baumgärtner dont l’orthographe est celle de ma famille. On notera au passage que l’acte de mariage, s’il mentionne « Köchlin » (au lieu de la version francisée « Koechlin »),  il n’en est pas de même pour Baumgartner qui s’y écrit sans les trémas. Ce n’est absolument pas anodin, ce qui devrait surtout  retenir notre attention, c’est le fait troublant qu’ il n’y ait aucune mention d’un précédent mariage. Encore plus étonnant, il n’est même pas mentionné qu’il est veuf !

Oui, officiellement le même Jean-Jacques, celui qui a épousé Marie Amélie Koechlin,  avait déjà eu un précédent mariage, dix ans plus tôt. Une union célébrée à Mulhouse le  6 décembre 1841 avec Julie RAPPOLT. Jean-Jacques, sur ce premier acte de mariage est alors domicilié  à Darnétal,  département de la Seine-Inférieure (Seine-Maritime). Sa femme, malheureusement, meurt deux ans plus tard, le 12 octobre 1843 à Wehr.., au pays de Bade, dans l’arrondissement de Waldshut, dans l’usine de son mari. Elle n’avait que 20 ans!

Elle est inhumée, trois jours plus tard, le 15 octobre aux alentours de 14 heures par un pasteur de Hasel dans le cimetière d’Öflingen.

Si la mémoire familiale est fiable, c’est probablement dans cette ville et à cette période là,  que ce Jean-Jacques Baumgartner,   rencontre le cousin généalogique dont m’a parlé mon grand-père à savoir   Jacob Baumgärtner.

Une rencontre improbable,   entre deux hommes du même nom qui ne sont pas du même milieu,  dans une taverne que l’un des deux n’avait pas l’habitude de fréquenter. Un homme au chagrin incommensurable depuis le décès de sa femme et un autre ému, qui fera tout pour essayer de le consoler. Une bride de l’histoire familiale qui s’insère parfaitement. Les deux hommes s’échangent ce qu’ils ont sur le cœur. L’un est chimiste et inventeur à ses temps perdus,  fâché avec les siens et propriétaire d’usine; l’autre est sans emploi depuis le décès de son employeur  qui lui avait assuré sa formation (dans la comptabilité si la mémoire ne me joue pas de tours).

Le premier a envie d’aider le second qui travaillera, si l’histoire est vraie, dans la manufacture de Lörrach, peut-être dans la comptabilité, car il était assez proche d’un des dirigeants de l’époque qui probablement était Isaac Koechlin puisqu’il était constamment sur Lörrach et qu’il se déplaçait souvent avec sa fille ou ses filles (Était-ce Amélie ou une autre sœur?).

Léon Baumgartner

Léon Baumgartner [1818-1872]

Je focalise volontiers sur Amélie en raison des nombreuses concordances que me laissent les récits familiaux sur la manière dont se sont déroulés les évènements.

Un autre Baumgartner, Léon, frère de celui qui a perdu sa femme est également cité comme manufacturier à Lörrach. Ce Léon, est le second témoin sur l’acte de mariage mentionné plus haut, le premier étant Nicolas Koechlin.

Reste à déterminer les responsabilités professionnelles effectives de chacune de ces personnes en 1856!

Il n’était pas concevable,  que cette fille épouse un membre du petit personnel, aussi de fil en aiguille à coup de promotions, il devînt l’associé, ce qui explique le fameux « Koechlin Baumgärtner & Cie« .  Il reste malheureusement à démontrer cette version assez « Rock’n’ roll » qui pose alors le problème suivant: mais qu’est donc devenu Jacques Baumgartner?

Un voyage aux  Etats-Unis  avait été évoqué…

S’ est-il vraiment marié avec Amélie ou est-ce mon lointain cousin qui s’est unit avec elle ? Et puis, s’il est l’époux d’Amélie, alors avec qui l’autre Jacob, celui de ma famille s’est-il marié? Et s’il ne l’est pas , ou l’a mené sa dépression ?  A-t-il pu mettre fin à ses jours et le Baumgärtner de ma famille aurait prit son identité ?

Que cherche-t-on exactement est la première des questions. La légende se découpe avec des « si », mais l’histoire si elle s’écrit avec des sources différentes et parfois contradictoires,  se démontre néanmoins avec des faits.

Avec une histoire contenant trois homonymes, il n’est pas évident de se faire comprendre sans lasser. La mémoire familiale, qu’elle soit vraie ou fausse, doit faire son chemin et peut-être comme pour l’histoire d’Alphonse Bihler, des contributions inattendues participeront à lever un coin du voile.

Maintenant que j’ai pu insérer ces brides d’informations, issues d’un autre temps aux emplacements les plus pertinents, il reste un point essentiel à traiter.., et pas des moindres: Je n’ai absolument aucune indication sur l’identité de ce Jacques Baumgärtner, invariablement présenté comme un cousin!

Cependant, il me reste là aussi quelques pistes à explorer

A suivre…

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  1. BAUMGÄRTNER: La légende se découpe avec des « si »
  2. Empreinte génétique et généalogie [1]: Baumgärtner, le test!
  3. BAUMGARTNER jean (1791-1843)
  4. BAUMGARTNER Jacques, manufacturier à Lörrach. Oui, mais en 3 exemplaires !
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Un commentaire sur “BAUMGARTNER Jacques, manufacturier à Lörrach. Oui, mais en 3 exemplaires !

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