Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Rédiger une chronique familiale -[3]: Il faut du temps.., beaucoup de temps!

livre ouvertpapamaman3Heureusement que l’on en a pas conscience de suite, une chronique familiale demande bien plus de temps que l’on puisse imaginer avant de s’y lancer. Pourtant, je pensais sincèrement que trois ou quatre ans suffiraient pour venir à bout de quatre petites générations dont la première commencerait avec mes parents.  Cela me semblait une ambition accessible et un délai raisonnable.

Naïvement, après avoir glané toutes les anecdotes que je pouvais, je me suis rendu compte qu’il faut bien plus que de vagues notions d’histoire pour les remettre dans le contexte. Ce sont souvent des mois de recherches et de lectures qu’il faut pour en saisir la substance nécessaire. Surtout quand il s’agit d’une matière rédigée dans une autre langue dans un contexte politique, économique et social que l’on découvre au fur et à mesure.

Ce n’est là que la moindre  des difficultés. En effet on récolte rapidement un nombre incalculable de documents que l’on peut exploiter, plus ou moins facilement et rapidement, mais l’imprévu réside dans les questions qu’ils soulèvent. Il y a des questions tellement importantes qu’elles méritent bien plus qu’une simple mention et dont les réponses sont nécessaires à la poursuite du travail, car on sait, ou cela revient au même,  on pressent, que cette matière  sera probablement le cœur de l’histoire.

C’est là que commence un véritable travail de détective dont les réponses peuvent complètement chambouler ce que l’on pense comprendre. On a souvent des questions dont les indices nous échappent pour initier les recherches avec une conséquence immédiate: l’impossibilité de pronostiquer la fin des travaux!

Avec de la méthode, le temps révèle ses secrets et il n’est jamais inutile d’essayer de faire la lumière autour d’une histoire transmise oralement, dont chaque détail peut en révéler ou infirmer son bien fondé !

Les problèmes inattendus avec l’ administration, les documents inaccessibles compliquent la donne et il faut beaucoup d’imagination pour trouver une parade à chaque écueil; à ces moments où on se dit que c’est foutu, mon dernier espoir de découvrir la vérité historique s’est envolé…

J’ai ainsi par exemple, pèle-mêle, dans mes tiroirs la recherche d’un papa pour un enfant naturel ;  un décès tragique introuvable dont la conséquence sera qu’en pleine guerre de 14-18, un allemand de souche s’engage dans la légion étrangère pour "venger" son frère probablement tué par les forces d’occupation; la possibilité de plus en plus évidente d’un crime passionnel dans le Sundgau commis par un rebouteux pour l’amour d’une aïeule adultère;  des indices à explorer permettant d’attribuer des convictions nazi à certaines personnes dont je traite l’histoire et le plat de consistance: l’évocation au cours d’un repas familial d’une anecdote  à peine croyable, dans le Pays de Bade, au niveau de ma quatrième génération et pour laquelle, je recherche une descendance ayant également cette histoire de confession, avant extrême onction, en héritage !

Pour ce dernier point, j’ai beaucoup hésité à l’insérer, c’est énorme, mais pour espérer un retour grâce aux nouvelles technologies de communications, il faut au préalable évoquer clairement les suspicions, les doutes  et autres potins.

Ce sont des exemples dont l’intérêt est évident, mais il y en a d’autres bien moins spectaculaires, mais tout aussi importants pour glaner des renseignements utiles afin de reconstituer le puzzle des différents événements familiaux.

Je tâtonne à l’aveugle, je ne sais pas par quel bout m’y prendre et les recherches n’aboutissent pas pour la plupart. La liste ci-dessus peut sembler exagérée, mais l’expérience me démontre que des histoires inattendues, des secrets à déterrer, des personnes à problèmes.., il y en a dans toutes les familles! Les périodes de guerres, les éloignements, les disparitions, les décès suspects, le silence familial, façon "chape de plomb", sont d’autant de pistes propices à dévoiler le chemin menant à la boite de Pandore.

La presse met en évidence cette affirmation et ses rubriques judiciaires permettent à nombre de généalogistes de trouver des tâches à leur merveilleux tableau familial. Il faut en prendre conscience, en général ce sont les incohérences au niveau des documents récoltés qui mettent la puce à l’oreille comme par exemple un enfant qui naît et dont la trace est effacée: introuvable dans les recensements et aucun acte de décès à des lieues à la ronde; un changement de standing inexpliqué, un bébé trouvé, un patronyme, voire des prénoms modifiés ou qui ne correspondent pas, etc…

Que l’on tienne ou non compte d’une incohérence (elles n’interpellent pas toutes), la convergence de plusieurs nécessite toujours des investigations plus poussées et c’est celles-ci , justement,qui retiennent mon attention.

Les anecdotes contradictoires sont également des informations qui méritent que l’on creuse.

Jamais j’aurai pensé en commençant mes recherches, que cela me pousserait à devoir lire des dizaines d’années complètes de différents quotidiens. Même avec une lecture en diagonale, je vous laisse imaginer le temps qu’il faut. On fait des erreurs d’organisation; de traduction; on prend des notes ou des photos insuffisamment précises; on oublie de cadrer la date ou le nom du quotidien etc…

Quand comme pour l’histoire d’Alphonse Bihler, j’ai pu reconstituer les événements principaux au point d’arriver à une qualité de contenu suffisante pour finaliser provisoirement la rédaction,  il reste néanmoins toujours des questions en suspend dont les limites ne sauraient être franchies sans aide professionnelle. Ainsi ma demande pour trouver un gendarme ou un policier bénévole, passionné de généalogie et d’histoires judiciaires n’a pas encore trouvé d’écho. C’est dommage, car je dispose d’éléments précis à vérifier.

Mais ce n’est pas tout, Chacune des générations met en scène des personnes qui n’ont de rapport avec la famille, qu’avec des événements ponctuels qui justifient des recherches plus poussées dont je vous fais grâce de l’énumération et dont certaines, parmi les plus positives, font déjà l’objet de billets sur ce blog.

Des recherches en parallèle de ce projet sur quatre générations, motivent également des investigations plus poussées comme l’histoire de Jacques BaumgärtnerAntoine Schwab et plusieurs autres.

Il ne s’agit absolument pas de faire des romans d’une vie, puisque dans le meilleur des cas, avec toutes ces recherches, je peine encore à aligner et dépasser les dix pages en format A4 (par individu, avec une police 12 et sans illustration).., parfois au prix de quelques broderies destinées à camoufler la pauvreté, voire l’inconsistance des informations glanées!

Bah, avec quelques illustrations bien placées…

Au final, il n’est plus question de m’ aventurer à pronostiquer une date pour l’achèvement de ce premier volet de l’histoire de ma famille, mais plutôt à gérer des priorités. La motivation en est une et même la principale,  car j’ai trop souvent envie de jeter l’éponge malgré ma curiosité insatiable!

Brouillon est un  qualificatif qui me va comme un gant et qu’il me faut bien assumer. D’ailleurs, le texte que vous lisez présentement est  issu d’une des  42 ébauches confuses qui dorment dans mon interface WordPress  dans  l’attente, bien plus probable, de garnir la poubelle virtuelle !

Je dépends un peu trop des autres, ceux qui ont mes réponses…

On peut en rire: c’est techniquement un manque flagrant d’autonomie et à mon âge, c’est assez inquiétant! :D

Je ne peux vraiment pas me résoudre à boucler ce truc dans l’état. Y aura-il seulement une fin à ce projet précis ?

…et surtout, mais comment font les autres ?!!! 

3 commentaires sur “Rédiger une chronique familiale -[3]: Il faut du temps.., beaucoup de temps!

  1. Brigitte S
    17 décembre 2013

    Questions très pertinentes … Je me les pose régulièrement, et comme je sais que je n’arriverai pas à me tenir à un travail aussi gigantesque, je me contente du blog, dont les articles sont plus à ma portée …. et même là je suis frustrée et je passe bien trop de temps à rechercher chaque article.
    Alors moi aussi je regarde comment font les autres pour essayer de trouver des idées, des tuyaux ou des façons de maintenir la motivation jusqu’au bout du projet.
    Bon courage
    Brigitte

  2. wurtzele1
    17 décembre 2013

    Merci Brigitte pour ce témoignage. C’est franchement rassurant de constater que nous avons les mêmes écueils!

  3. Pierre Lagacé
    7 février 2014

    Reblogged this on Nos ancêtres and commented:
    En attendant le printemps – Prise 3

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