Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

A la poursuite d’ Alphonse Bihler -[1]-

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Quelle famille n’a pas un douloureux secret plus ou moins bien gardé?

Il en existe de toutes natures qui ont comme point commun principal, une urgence à gérer, un fait à maquiller,  qui provoque une atmosphère pesante et contagieuse que relayent tous ceux qui les partagent. Quand le sujet est évoqué, mis en lumière, il  rend presque ridicules ceux qui savent en prétendant tout ignorer, car le malaise se constate sur les visages et est presque palpable.

Pour tenter de porter un éclairage sur ce secret, il faut être capable d’aligner des faits chronologiquement sur des événements dont le temps qui passe en érode les éléments. Si le chroniqueur peut s’accommoder de rumeurs et d’imprécisions simplement en les déclarant comme telles, il en va pas de même pour le généalogiste qui lui, comme un détective, a besoin de preuves solides généralement issues de documents officiels.

Révéler un secret de famille est non seulement une nécessite psychologique que la psychologie moderne conseille vivement, mais est également un devoir de vérité. Le silence est presque toujours dans ce cas, de la lâcheté déguisée en vertu ou en sagesse.

Il n’y aucun sujet mauvais,  seule la manière de l’évoquer peut être malhabile ou inappropriée.

Une « discipline » nouvelle, particulièrement  sujette à caution, appelée la « psychogénéalogie« , se préoccupe de l’influence transgénérationnelle et de l’inconscient familial qui modèle nos existences. D’un autre côté, le très sérieux «  National Institute of Mental Health » aurait mis en évidence un gène associé et responsable du fonctionnement de la mémoire qui fait fantasmer tous les psychoésotérismes évoqués plus haut.

Quoi qu’il en soit, c’est avec prudence et méthode qu’il faille lever le voile sur les accidents de vie de nos ancêtres.

Dans cette optique, j’ai vécu  un parcours difficile et parsemé d’embûches,  pour tenter d’obtenir des mairies de Lutterbach, Richwiller, Artolsheim et Pfastatt, les fichiers domiciliaires de Bihler Alphonse. On ressent nettement que l’on « emmerde » les employés déjà surchargés de travail dont la mine se décompose lorsque l’on évoque le souhait de vouloir y jeter un œil.

Des êtres humains, des humeurs.., quoi de plus normal?

Il apparaît qu’aucune de ces administrations n’a pu me donner ce formulaire d’une importance capitale, car il nous renseigne, non seulement sur la composition de la famille, le lieu d’habitation et parfois sur une foule de renseignements annexes, mais surtout , il ne laisse planer aucun doute sur les dates d’emménagement et de déménagement (indispensable document pour visualiser précisément l’enchaînement des événements).

La commune de Lutterbach a été pratiquement entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, alors je ne m’attendais pas à des miracles. Curieusement, j’ai pu constater qu’il existait encore des fichiers domiciliaires de l’époque d’Alphonse puisque j’ai pu avoir,  celui de son frère Isidore et d’autres Bihler. Rien sur Alphonse ou sur son père. Il me faut croire cette administration sur parole, car je n’ai pas pu approcher physiquement les cartons.

La commune de Richwiller m’a donné accès après un premier refus,  à la boite contenant les patronymes commençant par « B » mais pas de  Bihler Alphonse (ni même son frère Jules),  malgré que j’ai passé toute la boite à la loupe. J’avais pris tout mon temps feuille par feuille.

Il y avait bien eu un incendie à cette mairie au début des années 1900, mais les fichiers domiciliaires n’avaient pas été touchés par les flammes. Un fichier particulièrement bien complet et dans un état de conservation des plus satisfaisant.  Rien n’explique a priori que ce document n’y figure pas.

La mairie d’Artolsheim n’a pas cru bon de répondre à mes lettres .., j’ai été obligé de saisir la CADA.  De là, cette administration se contente de me mettre en pièce jointe un document Word: la réponse qu’elle a faite à cet organisme. Un mail vide avec une pièce jointe, c’est un peu méprisant et la lettre omettait de préciser qu’ils avaient fait le mort et ne m’ont transmis aucune réponse. Malentendu ou simple oubli, peu importe puisque j’en ai profité pour leur demander dans la foulée un acte de décès d’un Bihler Alphonse (le fils du précédent) et la mairie me confirme par retour de courrier que cet acte n’existe pas dans les archives.., il a tout bonnement disparu¹!

La seule personne capable de faire disparaître des documents dans ce lieu était Paul Laverdure,  secrétaire de mairie et amoureux de l’aînée des trois filles Bihler  à une époque ou dans cette commune, deux suicides pour le moins étranges, monopolisent  les conversations.

En ce qui concerne la mairie de Pfastatt, la demande a traîné en longueur, je me suis déplacé plusieurs fois, lettres, mail et téléphone pour arriver à rencontrer la  personne qui s’occupe des archives par hasard au stand d’une manifestation généalogique à Brunstatt aux alentours du 25 avril. Échanges plutôt, sympathiques elle me dit qu’elle s’en occupera, que c’est noté.  Les mois passent, surcroît de travail, oubli ou problème de communication,  je décide, là encore de saisir la CADA.  Le silence est rompu, je reçois rapidement une réponse écrite longue et précise m’affirmant que la personne en charge des archives répond systématiquement à ce type de demandes et  qu’il n’a pas été trouvé de  fichier domiciliaire au nom de la famille Bihler dans le fichier qu’elle avait pu sauvegarder , mais qu’il subsiste néanmoins, un mince espoir de le voir surgir d’une des deux boites d’archives diverses restant en attente de classement.

Dans ces conditions, déterrer un secret de famille bien gardé et recréer la chronologie précise de certains événements semble compromis.

-Compromis?   Pas tout à fait,  car il y a bien d’autres documents et pistes à explorer !

Ils pourraient même se révéler plus bavards et de nouvelles technologies laissent entrevoir une possibilité de faire resurgir des faits oubliés.  L’incroyable « secret » est depuis belle lurette éventé et circule à la manière d’un mythe urbain où d’une légende familiale, qu’il faille absolument démontrer et dont le premier acte se joue avec un membre de la famille que l’on avait cherché en son temps  à en dissimuler, hâtivement l’existence avec une usurpation d’identité et dont le second et troisième acte sont digne à figurer dans les meilleurs romans policiers.

¹ Il est fort probable que le secrétaire de mairie n’a tout simplement jamais consigné ce décès et ce qui est tout à fait certain est que le fichier domiciliaire a disparu si les informations fournies par la mairie sont exactes.

A suivre….

Rédiger une chronique familiale -[8]: Ces erreurs qui nous ramènent à la case départ !

  • A la poursuite d’ Alphonse Bihler -[4]-
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À propos de wurtzele1

Généalogiste amateur intéressé par l'histoire de l’Alsace et des alsaciens , qui par le biais de son blog, cherche à interpeller des cousins qui s'ignorent :-)

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