Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Un acte de naissance pas banal

On le sait, les registres paroissiaux nous livrent parfois des mentions insolites qui font la joie des généalogistes mais quand c’est un acte de naissance qui provoque l’étonnement, cela est plus inattendu. On s’imagine aisément l’embarras de l’officier d’état-civil qui voit sa routine compromise à la lecture de l’acte qu’il a rédigé ce 28 février 1827:

L’an Mil huit cent vingt sept, le vingt huit février à six heure du matin par devant nous Maire Jean Zimmermann officier de l’état-civil de la commune de Ballersdorff, canton et arrondissement d’altkirch Département du haut-rhin est comparu Jean Walter cultivateur âgé de 26 ans, soit disant fils de Jean, lequel nous à présenté un enfant de sexe féminin Nouveau Née qu’il a trouvé la pofsée sur sous l’escalier Bâtie en pierre devant la porte principal d’entré de la Maison enveloppée d’une vieille chemise de femme coucher  dans une petite panier Blanc à Manche remplie de paille âgée environ de vingt quatres heures, Sans pouvoir connaître le lieu ni l’heure de la Naifsance auquel il a déclaré vouloir donner les Noms et prénoms de Wallbourge asché, en Jdioure allmand Wallbourge asché, Les dites déclaration et présentation faite en présence de François Ulfasfser Cordonnier agé de quarante ans et de Jean Ley Tifserand agé de trente neuf ans, les deux domiciliéés au dit Ballersdorff voifsins du dit Déclarant qui ont signés avec le dit déclarant qui est aufsi domicilié à audit Ballersdorff le présent acte de cette enfant nouveau Née comme  témoins avec nous après qu’il leurs en allé fait lecture et interprétation dont acte.

[signatures]

L’étonnement passé de découvrir un lien familial aussi inattendu (qui probablement tire un trait quasi définitif sur les chances de pouvoir remonter l’arbre plus en amont) et abstraction faite des règles orthographiques et grammaticales, on reste frappé par l’hésitation évidente du premier magistrat devant  l’identité de ce Jean Walter dont il précise  être « soit-disant » fils de Jean !

Après vérifications, il apparaît que le  maire du village se plaît à utiliser ce « soit disant » sur plusieurs actes, dont celui du mariage de Jean Walter avec Anne Denzer.

Un bébé trouvé le mois le plus froid de l’année dans un petit village Sundgauvien ne peut que nous interpeller. L’affaire a, on s’en doute, un certain retentissement et se propage, à l’époque, dans les villages avoisinants.

C’est une évidence, les abandons d’enfants jalonnent l’histoire avec comme cause principale une des deux raisons les plus courantes: La misère ou l’illégitimité.

A cette époque la grande majorité des abandons est lié, dans les classes populaires, à des revenus insuffisants  et concerne essentiellement les nourrissons dont la maman n’a pas assez de lait. En 1827, Louis Pasteur a cinq ans et par conséquent  la stérilisation rendant l’assimilation du lait de vache possible par un bébé  n’existait pas. Dans l’autre cas, un enfant né hors mariage était de facto un bâtard frappé d’indignité et justifiait également l’abandon.

Une autre hypothèse qui nous traverse forcément l’esprit à la lecture de l’acte est celui d’un vol de bébé. Hypothèse, au premier abord, difficilement vérifiable car il faudrait trouver la trace d’un vol ailleurs que dans le département du Haut-Rhin où il aurait été trop  facile de faire le lien. Cependant, selon une rumeur ayant traversé le temps, Jean Walter se rendait parfois sur le marché de Strasbourg et aurait bien pu en profiter dans ce lieu ou sur le trajet pour amener une enfant à sa femme bien aimée en mal de maternité.

J’aurai tendance à conclure qu’il est tout à fait vraisemblable dans le contexte de l’époque que l’enfant a réellement été abandonné mais que cette hypothèse de vol, en dernière analyse, aurait l’avantage d’être  finalement assez vérifiable.  Une actualité pareille devait  laisser des traces écrites qu’auront peut-être relevé d’autres généalogistes dans leur quête du passé et dont l’absence profiterait aux faits présentés par le cultivateur,  mais également, le cas échéant d’ouvrir de nouvelles pistes filiales !

Un abandon d’enfant ne permet aucune autre investigation pour espérer en retrouver la maman…

Quant à Asché Walbourge, elle grandit dans la même commune et se marie à l’âge de 16 ans, le 1er Juin 1849 avec un franc-comtois de 23 ans, Jean-Jacques Constantin Choffat.   Le couple tient un  établissement de  bains.

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