Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Jean GREDER & Catherine HEITMANN

GREDER Jean Noces de Diamant

Voilà un couple totalement étranger à ma famille, dont le hasard, puis la curiosité, m’ont offert des éléments que je m’empresse de partager avec vous. Ils ne manqueront pas d’apporter, à ceux qui ont ces aïeux dans leur arbre, des informations inédites. Bien-sûr, je ne suis pas allé aussi loin dans les recherches, que si cela avait été mes ascendants, mais j’espère cependant que cela pourrait-être constituer une base, pour un travail en profondeur.

L’histoire débute en Haute-Alsace, dans cette partie que l’on appelle « Sundgau« . C’est dans une commune du nom de Schlierbach, à mi-chemin de Mulhouse et de Saint-Louis, que naît au domicile familial , le  17 floréal de l’an X° (7 mai 1802) le petit Johannes. Dans ce village de 799 âmes, les discussions d’actualité sont encore tournées vers l’histoire de ce bonnet phrygien en tôle qui a été retiré 21 jours plus tôt de la flèche de la Cathédrale, mais également autour de ce printemps si favorable à l’agriculture qui fait oublier les rudesses d’un hiver de privations qu’ils ont tous vécus. Ses parents, Hans et Anna Maria née Barth, le déclare  le lendemain à l’officier d’État-Civil. Le petit devint Johannes pour l’état-civil et Johannes Baptista au baptême religieux qui se déroulera dans la paroisse St-Léger, dont la partie la plus ancienne date du XIIIe siècle.

Quatre ans plus tard, à 106 kilomètres de là, soit à deux longues journées de marche, dans la commune de Molsheim , département du Bas-Rhin, une autre naissance se dessine. C’est une petite fille qui naît le 20 août 1806 à cinq heures du matin chez un natif d’Hochfelden. Dans cette maison en effervescence, la numéro huit du quartier bleu, Joseph journalier et sa femme Catherine née Gass, aidé des proches ont beaucoup à faire. C’est leur deuxième enfant et il faut s’organiser. A l’église romane Saint-Pierre dite « Dompeter » , on lui donne pour nom de baptême Maria Catharina. Un lieu de culte qui est aussi une vieille bâtisse puisque elle remonte au XIIe siècle.

On ne sait pas grand-chose sur l’enfance de ces deux-là, ni comment ils se sont rencontrés, mais ce qui est certain est qu’ils sont désormais fiancés. Le maire de Ranspach-le-bas publie les bans pour la première fois le dimanche 8 janvier 1826 à l’heure de midi et la seconde le 15 janvier. Impossible de savoir s’il s’agît d’un mariage arrangé ou d’une véritable histoire d’amour. L’union se déroule comme prévu le 24 janvier. Un mois très froid, 7° en dessous des normes et pratiquement sans épisode neigeux.  Jean, 23 ans et instituteur du village avait pris pour épouse Catherine, 19 ans et sa maman, veuve, signera en tant que témoin l’acte d’un fier  » Anna Maria Barth mère du marié »!

Le lendemain, ils se disent à nouveau le « oui » destiné à les lier,  à la cérémonie religieuse, qui les unit devant le dieu de leur foi chrétienne.

L’épanouissement dans le travail, une vie de famille normale, des enfants etc.

Les anniversaires de mariage seront fêtés systématiquement le 25 janvier, date de l’union religieuse. Il en est ainsi pour les noces d’argent, puis d’or en 1876.

salle d'asileVers 1881/82, le couple emménage à Mulhouse au 61 de l’Asylumgasse. C’est une rue qui a quelque chose de particulier: sa salle d’asile n’est autre que la première expression de ce qui deviendra, plus tard, les écoles maternelles! Elle permet depuis 1859 aux ouvrières de la cité d’y déposer des enfants âgés de trois à six ans.

Pour les noces de diamant qui couronnent soixante années de mariage , c’est à nouveau une belle fête est organisée le 25 janvier 1886. Le couple a eu droit, une semaine plus tôt, à la venue du photographe de l’enseigne Adolphe Braun & Cie, pour immortaliser cette histoire d’amour auprès de leurs descendants.

A l’issue de la cérémonie, un dîner digne de cet événement se déroule chez le bon dieu, chez Christ Auguste, « l’auguste Christ »,  le sympathique patron du restaurant de la Cité où parents et amis sont conviés sans qu’il y ait pour autant un seul survivant témoin du mariage originel de ces vieillards. Jean Dollfus, loin de Mulhouse s’est occupé de leur faire remettre une caisse de vingt bouteilles d’un bon Champagne par l’entremise d’Alfred Engel, vice président de la SIM et fondateur des cités ouvrières de Belfort & d’Héricourt.

Pour honorer ses doyens, la ville de Mulhouse s’occupe de poster un encart de la taille d’une feuille A4  dans le quotidien l’ express . Il s’agit, bien sûr, de la photo en entête du présent billet et pour laquelle, le photographe interrogé confiera ce qui semble être un compliment: « Bien des amateurs ayant, cinquante ou soixante ans de moins, ne font pas preuve en posant, d’une semblable fermeté! ».

On le sait, les histoires d’amour finissent mal et Jean décède trois ans plus tard, le 30 avril 1889, l’année où l’assurance vieillesse/invalidité est adoptée en Alsace-Moselle. Âgé de 87 ans, à une semaine près, il aurait pu fêter sa 88e bougie!

Un commentaire sur “Jean GREDER & Catherine HEITMANN

  1. feuillesdardoise
    23 mai 2015

    Histoire simple, mais bien jolie…

    J'aime

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