Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Haxa & Haxarei

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A en croire une information relevée sur généanet, Maria, femme du potier Lienhard FEISSLER, dont je serai un descendant à la 13e génération en empruntant la branche « Schwab » du Val-de-Villé, à été brûlée à Saverne en 1615 pour sorcellerie. Plutôt que de balayer mes doutes en épluchant les sources, je fais le choix d’en apprendre un peu plus sur la sorcellerie en Alsace.  On prétend qu’entre 1615 et 1635, 5000 sorcières auraient été livrées aux flammes purificatrices dans notre belle région. Le saviez-vous, que cela fait maintenant des décennies que la commune de Rouffach se transforme cycliquement en cité moyenâgeuse pour y fêter les sorcières? Une recette gagnante, un vrai succès touristique pour un sujet qui a de quoi éveiller naturellement l’intérêt !

Tout a déjà été écrit sur nos sorcières, aussi vais-je essayer de compiler ce qu’il y a de moins connu. Le but?  Satisfaire la curiosité de ceux ayant des ancêtres en Alsace, mais qui n’ont pas eu la chance d’être baigné dans nos traditions et nourri aux détails croustillants que l’on glane dans les méandres fertiles de l’histoire locale.

Terre de croyances et de superstitions, ici une sorcière est invariablement une femme méchante et n’a pas son équivalent au masculin.  En effet, il n’y a jamais cette charge négative pour l’homme qui pratique la science secrète. Le rebouteux, le magicien, bénéficie même d’un capital sympathie et ses recettes ont un franc succès.., même jusqu’à très récemment.  Pour vous en assurer, j’ai relevé dans un article de l’express de Mulhouse pour l’année 1882 une anecdote amusante, que vous pourrez lire ici, A un degré moindre, il existe toujours dans des localités profondes des pratiques apparentées.  Ainsi, dans un numéro du journal « l’Alsace » de 1977, on peut lire en sous-titre d’un article sur la sorcellerie: « On envoûte et désenvoûte autant qu’il y a 100 ans!« .

Je ne sais pas si les sorcières existent, en revanche il existe une astuce locale pour les identifier. La tradition orale veut que si une femme se retourne pendant la messe de minuit, la nuit de Noël,  s’en est une! Toupie or not toupie,  à  ce jeu-là, je pense avoir pu en identifier quelques spécimens et promis, je ne dénoncerai pas celles ayant un regard de braise à damner un saint!

Swastika AlsacienneOn connait déjà les tuiles de protections et les bouteilles d’eau bénite sur les faîtages pour invoquer la clémence céleste, mais on sait moins que la sorcellerie s’affiche aussi publiquement sur les façades et les linteaux des maisons alsaciennes. Elles étaient souvent couvertes de protections magiques sans créer de véritables problèmes avec les autorités religieuses. Des formes géométriques et des dessins plus sophistiqués comme cette étrange Swastika que l’on retrouve également gravée sur des berceaux. Arbre de vie, croix diverses, fer à cheval, fleurs dont le caractère décoratif reste secondaire dans l’intention.  Une croix dans la cheminée, un balai retourné avec 3 grains de sel ou une branche de bouleau avec ses feuilles sont sensées empêcher la sorcière d’accéder au foyer.

Sources & ressources :

7 commentaires sur “Haxa & Haxarei

  1. jmg013
    11 octobre 2015

    Intéressante évocation ; ces croyances ont-elles vraiment disparu ? Cependant vous écrivez que la sorcière « n’a pas son équivalent au masculin ». Mais mon Sosa 3816 a été brûlé pour sorcellerie zn 1622 au Ban de la Roche (67), voir http://maioresnostri.eu/2015/06/challengeaz-2015-s-comme-sorcier.html.

    Aimé par 2 people

    • wurtzele1
      11 octobre 2015

      Oui, l’affirmation est tirée d’un article des DNA du 28.10.1980 (numéro 199). En effet, on ne retrouve pas cette charge dans notre langue. La sorcière est systématiquement décrite comme méchante, alors que le sorcier a ses attraits!

      Bien-sûr qu’il y a eu des hommes brûlés pour sorcellerie. Il s’agit donc essentiellement de cette charge donnée au mot sorcière qui n’a pas son équivalent au masculin. C’est une évidence.

      J'aime

  2. L'Ornithorynque
    11 octobre 2015

    Récit ensorcelant🙂,🙂

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  3. feuillesdardoise
    14 octobre 2015

    Très intéressant récit !
    La fée non plus n’a pas son équivalent au masculin ! (Ouf !)

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    • jmg013
      14 octobre 2015

      Si : en provençal le masculin de fée est « fada ».

      Aimé par 1 personne

      • wurtzele1
        15 octobre 2015

        Je pensais que « fada » était synonyme d’imbécile, de dérangé !

        J'aime

  4. jmg013
    15 octobre 2015

    D’après Mistral, « fada » signifie « à qui on a jeté un sort, inspiré par les fées ».

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Cette entrée a été publiée le 11 octobre 2015 par dans Histoire, et est taguée , , , , , , , , , , , , , , .

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