Elsasser Wurtzle

Généalogie, histoire & chronique familiale

Alsace, terre de socialisme ?

marxengelsEn voilà un titre audacieux, pouvant paraître ridicule et sans aucune considération pour  d’ actuelles et flagrantes réalités électorales. Il rajoute un volet surprenant à la complexité alsacienne en sonnant comme un possible coming-out. Est-ce vraiment réaliste?

J’aime évoquer des constats difficiles, complexes, polémiques, sans me soucier du fait d’aller à contre-courant d’un politiquement correct et d’idées actuelles. Associer le socialisme à l’Alsace, c’est prendre le risque de réactions épidermiques. Il y en a qu’il ne faut pas chatouiller dans leurs convictions!

Il y a différentes manières d’aborder ce sujet pour un travail réalisé  en raison d’une réflexion profonde sur ma propre famille qui en a été son moteur, bien plus que des affinités idéologiques, pourtant évidentes et que je ne saurais nier. La mienne s’intéresse à trouver un fil conducteur mettant en lumière le cheminement de la classe laborieuse dans son combat contre les classes dominantes. Un travail, qui remet au goût du jour des sujets qui fâchent, contribuant à offrir un éclairage qui, s’il n’est pas toujours avantageux pour l’Alsacien, a au moins le mérite d’esquisser le panorama qui s’impose à ma conscience, en ce qui concerne les périodes les plus troubles de son histoire.

Avant de poursuivre  sous la forme de quelques tableaux choisis, il faut bien comprendre que notre région est essentiellement de langue et de culture alémanique et que son histoire, bien que cosmopolite,  est principalement à décrypter sous cet angle singulier. L’histoire du socialisme tel qu’il se présente en Alsace fait de l’Allemagne son berceau.   Le socialisme avant d’être cristallisé en un mot, en une idéologie politique, est avant tout un élan de rejet des inégalités, une lutte des classes, une vision humaniste d’entraide et de partage. L’enquête épistémologique révèle que les véhicules pour cette aspiration n’ont pas toujours été les mêmes. Dans le désordre, la religion, la philosophie, la littérature, le syndicalisme sont les plus connus.   Avant d’être une idée structurée, on peut pister l’essence du socialisme au travers de faits historiques précis qui opposent toujours les exploités aux exploitants; le nombre démuni, à la minorité nantie.
ligne2

La construction de la cathédrale de Strasbourg (1176-1439). Le corporatisme véhiculant un savoir pointu, au travers différents compagnonnages, pour qui l’entraide obligatoire et un travail sur soi n’est probablement pas étranger aux réflexions sociales et religieuses qui balayent sa capitale. Non pas dans les sphères élitistes, mais dans la masse populaire.  Une grande concentration de métiers aux prétentions hautement morales et à la logique mathématique, sur plusieurs siècles, a pu favoriser un certain parfum d’émancipation qui aurait pu  ainsi se répandre.   Une thèse intéressante,mais invérifiable en l’état…

La conspiration des Bundschuh (1493–1525).  Plusieurs  historiens¹ s’entendent pour voir dans ses différentes conjurations et dans la guerre des paysans, le véritable acte fondateur du socialisme.  Une lutte des classes, sans précédent avec une vue politique, une réflexion et une logistique élaborée.  De l’utopie à l’action, bien avant la Révolution française!  En basse Alsace, une première conjuration d’insoumis rassemble en 1493, 110 personnes dans un plan de soulèvement qui échoue. La seconde n’a pas lieu  en Alsace, mais toujours en terre germanique dans la région de Spire² en 1502, mais le centre de l’organisation se trouve entre Bruchsal t Weingarten, une région où j’ai pas mal d’ancêtres.  La 3e conjuration en 1513, pays de Bade et Wurtemberg, inclut à nouveau l’Alsace.., le Haut-Rhin, cette fois-ci. Des lois sévères sont édictées pour empêcher la reconstitution de toute association ou assemblée paysanne.  La quatrième en 1517,  l’année où Martin Luther devient une célébrité par ses nombreuses thèses.  Toutes ces conjurations furent réprimées dans la violence, exécutions à la clef.  En Alsace, elle se termine à la bataille de Scherwiller qui a fait près de 13000 morts, où le 20 mai 1525, j’y perds un ancêtre qui se trouvait être,  un des meneurs de cette révolte.

La réforme protestante. Là encore, plusieurs auteurs³ vont tenter de dresser un parallèle avec des arguments solides.  En 1529, Strasbourg est la première ville d’Alsace à adopter la réforme et se convertit au luthéranisme en 1532.  Il s’agit ni plus ni moins, que d’une puissante aspiration à un christianisme  social, qui s’il ne découle pas directement des précédents soulèvements, en a hérité la dynamique.  Luther considère que la communauté est ce à travers quoi l’homme peut gagner son salut. Il n’y a pas de hasard,  la religion se sert clairement des inégalités, des injustices, pour asseoir une spiritualité qui couvait, comme la révolte,  depuis de nombreuses  décennies !  Une réforme qui, pour Karl Marx,  semble être aussi à la base du système capitalist4.

Temple de la raison

Strasbourg,  la cathédrale-temple de la raison

La révolution. Avec la révolution française, on assiste à une mobilisation massive des alsaciens contre les excès de l’aristocratie et de la religion cherchant à renverser la république naissante. Ils accueillent le soulèvement à bras ouverts et une foule en délire acquiesce à l’idée de transformer la cathédrale de Strasbourg en temple de la raison. Un public varié composé de catholiques, de luthériens, de calvinistes, de juifs, d’ anabaptistes, d’agnostiques et d’athées.   Alors que de nombreux intervenants succèdent à sa tribune en vantant les vertus sociales et rendant dieu obsolète, Euloge Schneider, un prêtre défroqué, y prononcera son: « Crois en Dieu, sois juste et chéris ta patrie ».  C’est un peu pour eux, à la fois, une version revisitée et française du soulèvement des Bundschuh et de la réforme! Une révolution censée amener la justice et l’équité. C’est un moment clef où l’Alsacien épouse réellement et pour la première fois la fierté d’être Français5!  Le pouvoir de l’église est sous-estimé et la crainte d’un péché mortel, d’un risque d’excommunication, de déplaire à dieu, divise la population. Les prêtres jurés n’ont pas tous le charisme et les talents de prédicateur d’un Euloge Schneider (qui par ailleurs n’est pas aussi désintéressé, qu’il s’applique à le faire croire).   Alors que des puissants trahissent la France en renseignant les troupes allemandes et autrichiennes au secours d’une restauration; c’est au volet religieux que nous devons le retournement des masses populaires dans la crainte de dieu dans une alliance avec ce qui reste de l’aristocratie encore influente et de la haute-bourgeoisie. Le particularisme Alsacien que retiendra l’histoire ne sera pas celui-ci, ni celui de la terreur blanche qui s’en suivra6, il servira à encenser Napoléon et le concordat.

Les autres révolutions.  1830-1848.  Avec la révolution industrielle, La société se trouve profondément bouleversée. La condition ouvrière est des plus misérables et le prolétariat se cherche désespérement une issue. On trouve, par exemple des Mulhousiens qui s’organisent dans des reseaux d’informations par échanges de courriers avec des ouvriers parisiens, rouennais et probablement avec les canuts lyonnais7 pour synchroniser des grèves et tirer profit des expériences des uns et des autres. Le socialisme n’existe pas encore, les syndicats non-plus, mais les réflexions sociales se précisent en même temps les soulèvements sociaux sont durement réprimées dans le sang et beaucoup y perdront la vie. Avec la révolution de 1848, qui commence en janvier en Italie, en février en France, puis qui traverse le Rhin, il y a déjà un avant goût de ce que pourrait être l’internationale ouvrière. Ce dernier pays définira clairement sa propre compréhension de la lutte des classes au travers Karl Heinrich Marx et Friedrich Engels qui en cette année là, s’installent à Cologne où ils fondent la Neue Rheinische Zeitung (Nouvelle Gazette rhénane) avec des correspondants dans toute l’Europe. Pour la France, le  cabinet littéraire de monsieur Alexandre au n° 28  de la Brandgasse (rue Brûlée) à Strasbourg en prend les abonnements.  Ceux qui rêvent de changement y  prennent également des abonnements de gazettes ouvrières d’outre-Rhin qui sont d’une importance capitale dans l’organisation de la lutte. On lit plus facilement l’allemand que le français en Alsace!  Marx & Engels, quant-à-eux,  participent activement à cette révolution.., ce qui  leur vaudra de devoir s’exiler à Londres. Autres figures incontournables, moins connus de nos jours,  qui passionnaient alors les alsaciens: Wilhelm Liebknecht et August Bebel ils offrirent une structure au socialisme Allemand et se retrouveront plusieurs fois condamnés, notamment en 1872, pour avoir refusé de voter les crédits de guerre au Reichstag en 1870!

Le Reichsland Elsass Lothringen.  1871 -dans une Alsace dont seulement 12,5% de la population a opté pour la France8, le socialisme y est représenté dans deux partis politiques à tendance Marxiste aux scores grandissants d’années en années, dans le bas, comme dans le Haut-Rhin.  Le Reich craint énormément la montée du socialisme qui s’annonce comme une réelle force d’opposition. Par l’intermédiaire d’ Otto von Bismarck, l’empire tente d’amadouer la colère du monde ouvrier en pratiquant la politique du « Zuckerbrot und Peitsche » pain sucré et fouet,  l’équivalent germanique de la carotte et du bâton.  Elle cède avec certaines lois sociales de crainte que le socialisme, qui constitue maintenant un vrai pouvoir organisé, ne renverse le régime9. Dans le détail, le « pain sucré » étant la législation sociale (l’assurance maladie, l’assurance accidents ainsi que le système public de retraite) et le fouet une répression contre les socialistes et les syndicats qui en prennent plein la poire!  Des milliers de braves gens sont alors arrêtés et emprisonnés ou forcés à émigrer! Techniquement l’histoire retiendra le terme de Kathedersozialismus pour ce « socialisme » d’état dont certains attribuent la paternité intellectuelle à un autre grand penseur: Goethe11! En 1912, seul 6% de la population allemande est syndiquée et dans le Haut-Rhin, les socialistes font un score de 39% alors que les libéraux sont à 15% et que le centre domine13!   En novembre 1918, le drapeau rouge  flotte sur la cathédrale et dans toute la ville, les socialistes ont proclamée la République d’Alsace-Lorraine*. L’Alsace qui ne voulait plus du Reich et dont la majeure partie de sa composante considérait le français comme une langue étrangère, se déclare autonome dans un gouvernement d’alliance où les socialistes se font le plus remarquer.

Le retour à la France, l’entre deux guerres.  L’Alsace frustrée dans ce qui est maintenant connu sous le vocable de « malaise alsacien8″, porte son regard essentiellement pour des raisons linguistiques, vers l’Allemagne où le socialisme a plusieurs visages.  Les grèves se multiplient le syndicalisme sait se faire entendre. l’Alsacien reste profondément inspiré par les idées socialistes. En 1924, l’Alsace se divise dans 3 partis et la CGT est le syndicat le plus représenté.  Les représentants et l’electorat du parti catholique se retrouvent  dans l’UPR majoritaire, dont les députés siègent tout d’abord dans des groupes parlementaires proches de l’Alliance démocratique (Indépendants de gauche, Républicains de gauche), avant de constituer, en 1932, le groupe des Républicains du centre puis, en 1936, celui des Indépendants d’action populaire, avec les députés de l’Union républicaine lorraine, pendant lorrain de l’UPR. Ce parti participa au mouvement autonomiste alsacien durant les années 1920 et 1930.  La SFIO arrive d’entrée à être un parti puissant, qui en 1936 perd son ancrage en raison de l’entêtement du parti Français à ne pas s’ouvrir aux spécificités locales qui conjugue socialisme et autonomisme, à ne pas vouloir comprendre l’étendu de ce malaise qui s’amplifie au lieu de s’éteindre. L’AIsacien est intrigué par le charismatique Hitler qui dénonce les conspirations de la Haute-Finance.   Le concordat de 1933 entre l’Allemagne (pays majoritairement  de confession protestante) et le Saint-Siège rassurera une partie de la population ultra-catholique alsacienne.  Sur Hitler, l’Alsace est divisée et la presse s’en fait l’echo.  Une confusion s’installe lorsque le SPD refuse de voter les pleins pouvoirs à Hitler contrairement au parti catholique du Zentrum. Des socialistes furent persécutés par les Nazis et les syndicats interdits.  Cela rappelle un épisode déjà vécu à l’époque de l’annexion. Le « Röhm-Putsch » de 1934 a, en effet, permis à Hitler de se débarrasser d’une branche populiste, d’un socialisme révolutionnaire présente dans la SA. Ce qui reste sera le noyau dur du seul parti autorisé: le NSDAP.  Ce parti , dira-t-on plus tard, était originellement un groupuscule d’extrême droite10. En 1935, Hitler ayant éliminé le chômage, sans inflation, en seulement trois années12, impressionne grandement les alsaciens tout comme les observateurs étrangers, un exploit salué par l’ancien président américain Herbert Hoover. En 1936, la CGT est maintenant, dans le Bas-Rhin, en seconde position juste derrière la CFTC. Des communistes alsaciens n’ayant pas renoncés à leurs prétentions, continuent de soutenir le mouvement séparatiste, jusqu’en 1939.  En effet, un responsable Strasbourgeois du PCF, en est exclu en raison de son soutien à l’ autonomisme alsacien. Il fonde alors en 1929, le « Parti communiste d’opposition » qui dans sa mutation idéologique aboutira sur une nouvelle dénomination en 1935 sous le vocable  » Parti Alsacien ouvrier et paysan ». En abandonnant les références Marxistes, il sera finalement absorbé dans l’idéologie nazie en 1939.

Le second conflit mondial.  Le 19 juin 1940, le drapeau nazi flotte sur la cathédrale de Strasbourg et Hitler en personne s’est déplacé. L’accueil méfiant des Alsaciens restera l’argument majeur d’une francophilie avec une portion inconnue de la population acquise aux idées véhiculées par ce dernier.  La propagande particulièrement efficace, en étendra encore le nombre. Toutes les manifestations nazies sont des succès en terme de fréquentation, d’engagement et la presse régionale ne se prive pas de relayer l’information avec de nombreuses photographies. Le front de l’Est en inversera par la suite la tendance, comme ce l’était déjà le cas lors du premier conflit mondial (vrai également pour le reste de l’Allemagne). A la libération de l’Alsace, un ménage par le vide se fait dans toutes les administrations et l’histoire allemande est confisquée et réécrite officiellement par l’état français pour servir ses intérêts. On ne saura sans doute jamais, quel était le degré d’implication réelle des alsaciens au troisième Reich et à une idée pervertie du socialisme.  C’est une période que l’on a plus le droit d’évoquer avec  toutes ces horreurs commises envers les Juifs, les franc-maçons, les homosexuels, les communistes … la liste étant bien trop longue. Une période taboue,  la plus taboue de toutes. Tout autre son de cloche que l’officiel, attire immédiatement les foudres des censeurs!

L’après guerre. Quelle que soit, la branche familiale que je remonte quand ils ne sont pas des entrepreneurs ou des commerçants; mes grands-parents, leur fratrie , sont tous syndiqués CGT et laissent penser qu’ils votent  à droite! Explications avouées: la pression syndicale. Il fallait aller dans le sens des collègues. Personne dans la famille, pas plus que chez les autres, n’a officiellement adhéré au nazisme. C’est bien connu ce sont tous des malgré-nous. Officieusement, un ton plus bas, les yeux dans les yeux, des vérités sur des absents surgissaient parfois au détour d’une soirée trop arrosée! Les horreurs nazies associées à l’impossibilité de s’affranchir d’une identité culturellement germanique que l’accent dénonce ont forgé un alsacien honteux de ses origines et de ses erreurs. Mis à part quelques irréductibles, ceux qui avant la guerre grossissaient les rangs des nombreuses grèves avec des banderoles ne laissant planer aucun doute sur leurs convictions se sont mués en d’ardents défenseurs d’une droite dure qui devait faire barrage au Bolchevisme. Un constat que m’offrent également nombre d’autres personnes interrogées sur le sujet. Il est difficile d’imaginer la puissance d’une vague idéologique, les nombreuses exactions, la Shoah ne rendent pas cette vision envisageable.

ligne2

Vous noterez que le projecteur de l’histoire officielle ne s’attarde pas sur de nombreuses zones d’ombres, l’éclairage variant selon le camp gouvernant et les priorités politiques. Le peuple alsacien se rend bien compte que des pans entiers de son histoire ont été confisqués et ceux de ma génération ont connu le malaise des anciens, ces rêves plein les yeux, transformés en cauchemar qui aboutissait souvent sur une critique dure de la France. De nos jours, de la même manière et en raison d’une propagande nationale intense, on ne peut pas imaginer un seul instant une proportion significative d’Alsaciens ayant pu avoir des penchants autres que francophiles. Ce qui est certain, c’est que les arrangements politiques concernant l’histoire s’éventent et l’on commence à s’apercevoir que le comportement de l’Allemagne envers l’Alsace n’était pas toujours aussi dur que la propagande étatique le laissa transparaître et que celui de la France envers les Alsaciens n’est pas aussi idyllique que l’on a bien voulu nous le faire croire!

Je le dis aussi facilement que je ne suis fan d’aucun parti régionaliste. M’attachant à l’esprit de l’internationale ouvrière, à ce bras de fer qui a commencé avec les paysans des deux côtés du Rhin, mon aspiration me pousse naturellement plus loin.  Cependant, il me faut saluer l’engagement et le courage des partis identitaires alsaciens, d’oser déterrer des faits dérangeants, au risque de passer pour de vulgaires révisionnistes. Un mot chargé d’un sens péjoratif si puissant, comme celui de complotiste, qui dans le meilleur des cas vous fait passer pour une personne ne disposant pas de la lumière à tous les étages!  Comme l’a dit Jean Jaures: « Le courage…/…c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » .

À l’heure où les acquis sociaux fondent comme neige au soleil, alors que les profits et dividendes  dans tous les domaines de la finance sont d’une indécence et d’un niveau sans précédent, s’étiole également la conscience de ce qui est réellement à la base de tous les partis, de cette lutte des classes qui n’a jamais cessé. Comme elle se présente à moi, l’histoire qui amène au socialisme, n’est pas celui d’un lieu, d’un mouvement ni d’une étiquette. Elle est une répétition circonstancielle de la tentative d’émancipation et de survie de la population servile dans la recherche d’une finalité égalitaire.

Proclamation de la

*Proclamation de la « Elsässische Räterepublik » devant le bâtiment de l’Aubette, place Kleber


Sources et ressources:

  1. Parmi eux, nous trouvons dans la Revue des deux Mondes,  2e période, tome 100, 1872 (pp. 354-397) « Le Socialisme au XVIe siècle« , l’article d’Alfred Maury (1817-1892).
  2. Der Bundschuh im Bistum Speyer vom Jahre 1502 (Allemand) 1889  Richard Herold
  3. Origines du socialisme allemand, Thèse en latin de Jean Jaurès (1859-1914); Luther : éloge de l’essence du protestantisme –Philonenko Alexis {ISBN 978-2-36392-071-3}  -éditions Ovadia.
  4. Le Capital, Livre 1, L’accumulation primitive du capital, par Karl Marx  -1867
  5. Un constat qui servira à l’historien Fustel de Coulanges dans sa fameuse lettre en réponse à son homologue Berlinois Mommsen, pendant les hostilités de 1870, pour tenter de démontrer que les alsaciens sont bien des français. Lettre publiée dans La Revue des deux mondes en octobre 1870.
  6. La restauration et sa terreur blanche, ne fait qu’attiser des haines et des vengeances qui couraient depuis la terreur rouge.
  7. Les luttes sociales à Mulhouse  de 1798 à 1945 -Léon Tinelli -imprimerie Alsaces imprimés -1998.
  8. La vie politique en Alsace 1919-1936 -presses de la fondation nationale des sciences politiques,  par François-Georges Dreyfus
  9. Socialisme et religion en Alsace dans la première moitié du XIXe siècle : le docteur Paul Curie à Mulhouse
  10. Le malaise Alsacien-Lorrain – eds G. Crès (Paris)  1920 Nast, Marcel-Henri;
  11. Goethe et l’organisation sociale dans « les années de voyage de Wilhelm Meister » par Jean-Pierre Hammer.  Le « Sturm und Drang » dont il y est question dans cet essai, est un mouvement étudiant purement Strasbourgeois.
  12. L’Allemagne de 1918 à 1945, (page 37)  Paris, A. Colin, 1999 {ISBN 2-200-26508-5} par Alfred Wahl. [compte-rendu]; Les fascismes (page 229) Paris, Impr. nationale, coll. « Notre siècle », 1985 {ISBN 978-2-110-80831-8} par  Pierre Milza.
  13. Alterinfo – Association Mulhousienne d’auteurs, d’ écrivains, de reporters et de journalistes indépendants.

Pour aller plus loin:

  • Entre métaphysique et matérialisme : de quoi le socialisme est-il le nom ?  par Claude Obadia.
  • La Passion des anabaptistes, Tome 1: Joss Fritz (bande dessinée traitant de la conspiration des Bundschuh) par  David Vandermeulen.
  • Catholiques, protestants, juifs en Alsace par René Epp, Marc Lienhard et Freddy Raphaël aux eds Alsatia 1992 {ISBN 2868206107};  Histoire des chrétiens d’Alsace des origines à nos jours par Bernard Vogler aux eds Fleurus 1999 {ISBN 978-2-7189-0641-6}.
  • L’Alsace à l’époque de la Restauration [Paul Leuilliot, La Première Restauration et les Cent Jours en Alsace. – L’Alsace au débuts du XIXe siècle. Essais d’histoire politique, économique et religieuse (1815-1830)] par Robert Schnerb  Annales HSS, volume 15, Persée 1960.
  • Une épuration ethnique à la française par Bernard Wittmann  {ISBN 236747026X} aux eds Yoran embanner.
Publicités

À propos de wurtzele1

Généalogiste amateur intéressé par l'histoire de l’Alsace et des alsaciens , qui par le biais de son blog, cherche à interpeller des cousins qui s'ignorent :-)

17 commentaires sur “Alsace, terre de socialisme ?

  1. carnetsparesseux
    23 janvier 2017

    Je reviendrai lire plus à fond, mais d’abord merci pour ce billet fouillé et précis, et, en cela comme en son sujet, quelque peu à contrecourant de la facilité des temps-qui-passent.

    Aimé par 2 people

    • wurtzele1
      23 janvier 2017

      Merci. Personne n’aime recevoir des coups, là je risque fort d’en prendre et de me mettre à dos un bon paquet d’Alsaciens gavés aux leitmotivs des habituels sons de cloches.

      J'aime

  2. lapinbleu2
    23 janvier 2017

    Je dirais tout simplement que bientôt j’irais aux obsèques du ps.. Mdr..

    Aimé par 2 people

    • wurtzele1
      23 janvier 2017

      Oui, à mes yeux aussi ce parti est moribond. Il n’est plus représentatif, ni de son électorat, ni même du socialisme!

      Aimé par 1 personne

      • lapinbleu2
        23 janvier 2017

        ça pourrait être très intéressant pour la suite. Mais pour ça il faudrait que ce soit Vals qui arrivent premier au deuxième tour. Je suis persuadé que ça ferait quelque chose pour la vraie gauche.

        J'aime

  3. velomaxou
    23 janvier 2017

    Je vais y revenir, car pour l’heure c’est trop long pour moi. Et je ne voudrais pas lire en « diagonale » ce qui semble être du « lourd ».
    Mais le titre « Alsace, terre de socialisme? » c’est tout un programme que je ne veux pas louper.
    Je subodore que le point d’interrogation a sa raison d’être!…
    Amicalement,
    vélomaxou

    Aimé par 2 people

    • wurtzele1
      23 janvier 2017

      En fait , je laisse à chacun faire le tri entre ce qui relève de l’idéologie des partis se réclamant socialistes et l’histoire même qui mène au socialisme. La lutte des classes n’est pas une vue de l’esprit. Quant à savoir si l’Alsace (ou n’importe quel autre lieu est une terre socialiste), ne relève que d’une histoire de circonstances électives et de proportions. Quand une vision politique devient trouble, il faut savoir regarder dans le rétroviseur. L’histoire du socialisme est l’histoire de la répétition d’erreurs, d’ échecs.., le plus souvent dans des bains de sang. C’est l’histoire du bas peuple cherchant à survivre dignement à la prédation des puissants.

      Aimé par 1 personne

  4. jmg013
    23 janvier 2017

    Votre inventaire historique est très complet ; néanmoins on pourrait ajouter à ceux qui ont eu le souci du progrès social le pasteur Oberlin à la fin du XVIIIe siècle dans le Bas-Rhin, ainsi que certains industriels mulhousiens du XIXe.

    Aimé par 1 personne

    • wurtzele1
      23 janvier 2017

      Le billet n’est pas sur les acquis sociaux, mais sur les luttes de la classe laborieuse en liaison avec l’histoire du socialisme. Oberlin m’est bien plus sympathique que ces industriels, qui effectivement ont su innover en la matière, mais qui étaient bien moins désintéressés.

      J'aime

  5. Eric Riesling
    24 janvier 2017

    Hello

    Encore un billet à lire ! bravo c’est rare ! En premier lieu que je ne suis pas « contre » (ton billet, ton opinion), que je ne suis pas « conservateur » ou assimilé.
    Comme tu le dis en commentaire très justement, il y a lieu à faire le tri entre ce qui relève de l’idéologie des partis se réclamant socialistes et l’histoire même qui mène au socialisme. Qu’entends-tu par socialisme ? Le socialisme est l’étape préalable au communisme, par la nationalisation progressive des moyens de production et d’échange. Les peuples qui se révoltent, des régimes qui chutent, des changements violents ont toujours existé, et on pourrait tous les assimiler à ce que en effet beaucoup pensent aujourd’hui être du socialisme : un monde plus juste ? Oui je pense que oui, les Alsaciens sont socialistes, et les valeurs de cette idée se retrouvent dans bien d’autres idéologies, religions, courants, penchants. Alors chacun y verra ce qu’il a envie de voir, let socialiste y verra donc que les alsaciens sont socialistes, il aura raison 🙂 Cependant les faits historiques que tu relates ne sont pas des conséquences uniques d’idéologies, mais des résultats aux vecteurs multiples dont les idéologies font parfois partie, mais ne sont jamais seules en cause, et jamais principalement les moteurs. Les nazis n’auraient pas existé sans le terreau dans lequel leurs idées ont germé, ce qui ne veut pas dire que le terreau est la cause mais que l’idéologie peut exister mais ne suffit qu’elle existe pour prospérer. On peut par la suite toujours rapporter, assimiler, associer des faits à un idéologie, ça la justifie, ou la culpabilise (le nazisme seul a longtemps été un coupable unique bien pratique … ) mais dans toutes les époques que tu cites, personne ne connaissait le résultat qui allait en sortir, ni les ressorts exacts qui étaient en train de se combiner. J’aime particulièrement ton billet quand je pense à la situation actuelle en Syrie par exemple, ou ailleurs…et j’en viens aux mêmes conclusions : les peuples, ce ne sont rien que des gens, et les les gens veulent qu’on leur fiche la paix, et ensuite on leur tape dessus, et ceux d’ailleurs ne les comprennent pas… encore merci de nous faire cogiter ! ça fait du bien de lire quelqu’un qui a des idées qu’il ne sort pas du flot habituel et redondant qu’on nous sert à longueur de journée ! Et bravo pour ne pas céder au diktat du « faire court » car on ne développe pas une idée en 140 caractères …

    Aimé par 2 people

    • wurtzele1
      24 janvier 2017

      Merci pour un si long commentaire, très pertinent et surtout, vous avez très bien compris où je voulais en venir. Mon opinion importe peu et je n’ai pas envie de donner dans la défense d’une idéologie. Je veux pouvoir danser sur le fil du rasoir sans changer l’orientation d’un blog pour qui la politique ne sert que dans la tentative de reconstitution d’un passé, tel qu’il a été vécu par les miens. C’est la raison pour laquelle je suis également très critique. À la base, il n’y a pas l’idéologie, mais seulement l’organisation pour arriver à dominer ou à ne pas trop subir. C’en est ainsi pour chaque classe. L’idéologie est ce qui donne une structure morale légitime, le baratin.., malléable à souhait!

      Pardon ajout de dernier moment: je n’ai pas répondu à une de vos questions. Je ne pense pas que le socialisme aboutit obligatoirement au communisme. Le socialisme est encore à inventer. Plus de démocratie, plus d’implication, moins de centralisme. Le bon dosage, les bons ingrédients pour que la recette prenne. Ce n’est pas obligé de prendre le chemin d’une dictature du prolétariat. 🙂

      J'aime

  6. velomaxou
    3 février 2017

    Tout à fait d’accord.
    D’autant que les communismes « heureux » n’ont jamais existé puisqu’ils ont laissé la place à des dictatures confisquées par des oligarchies de pouvoir, Chine, Corée du Nord, Cuba et plus près de nous la Russie avec Poutine.
    Bon, à la lumière de ce qui passe avec Trump et le népotisme révélé dans les journaux chez nous actuellement, on se demande si le régime démocratique idéal n’est pas encore à inventer…

    Aimé par 1 personne

    • wurtzele1
      3 février 2017

      Le communisme est un sujet bien compliqué à traiter. Je ne me sens pas les épaules pour résumer son histoire qui va bien plus loin que les clichés capitalistes. À titre personnel, je n’ai pas beaucoup d’affinités avec le communisme en raison de son incapacité à être un adversaire crédible au monde des ultras libéraux. Il est devenu une caricature du socialisme. En outre, la matière dont je dispose sur lui est aussi opaque que sur tout ce qui touche la Seconde Guerre mondiale. Il est une forme structurée du socialisme, la plus utopique et surtout celle qui déclenche le plus d’agressions. Comme il s’agit dans mon billet de faire parler la majorité silencieuse, j’ai préféré la facilité d’une narration qui s’appuie sur des faits issus de cette classe du bas peuple, plutôt que de relayer les témoignages d’autres classes qui ont un intérêt à ne pas encenser cette réalité (Ecclesiastiques, Aristocrates et grands bourgeois).

      Je ne reconnais aucun régime « démocratique ». Je ne vois pas de démocratie, ni en France, ni ailleurs. Le régime démocratique qui renversera dans un jeu de dominos, les plus vénéneux des intérêts particuliers sont encore à inventer et il ne peut venir que du peuple, pas de nos élites. Nous vivons dans un vieux monde à bout de souffle, qui risque fort de répéter ses erreurs passées pour qu’une poignée d’hommes continuent à se disputer le reste de ses richesses.

      Le socialisme est une aspiration humaniste légitime, qui cherche sa voie et qui est continuellement réprimée dans le sang. La vraie folie serait de s’imaginer que l’on puisse trouver d’autres solutions, que profondément humanistes.

      J'aime

  7. William Eaton
    5 février 2017

    Merci. Ici aux E.U., nous avons du mal à apprécier à tel point la lutte des classes ne cesse jamais. Mais la tâche qui reste néanmoins devant nous — d’échapper à la gueule capitaliste – depuis les élections les Américains ne l’apprécient que trop bien ! Et je dois dire que l’évolution de la technologie, le « social média » inclus, présente les difficultés que même Marx n’a pas anticipées. – William Eaton, Montaigbakhtinian

    Aimé par 1 personne

    • wurtzele1
      5 février 2017

      Parler de luttes des classes en 2017, peut sembler, pour beaucoup, totalement inapproprié. La raison tient en partie à l’évolution du vocabulaire en liaison avec celle des techniques psychologiques et surtout à l’utilisation quasi-généralisé du canapé et des artifices associés. Dès que l’on se penche sérieusement sur les conflits d’intérêts entre les différentes catégories, que l’on colle sur ces « classes ».., la vue se dégage et l’évidence de l’agilité des escamoteurs renvoie à une réalité peu glorieuse.

      Devant la brutalité de l’immoralité, l’humanisme opposé ne semble pas une force suffisante. C’est ce que je pense que les Jacobins avaient compris en désirant contrôler la classe la plus influente sur les consciences, celle des ecclésiastes. Le problème religieux se pose maintenant d’une manière différente, mais sert toujours le camp du pouvoir financier.

      Comme ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir une vision dégagée des différents enjeux, l’indignation devant les injustices est la seule émotion qui pourrait permettre, une issue vers le haut et surprendre la « classe » dominante qui est depuis toujours habituée à faire appel aux sentiments les plus abjectes pour asseoir son pouvoir.

      L’indignation et le désir de justice peut être suffisant pour allier les afficionados de différents partis. Cela s’est vu en Grèce par exemple. Les mots s’opposent les uns aux autres, pas les justes aspirations.

      Il est nécéssaire de revenir aux notions fondamentales et y associer le peuple.

      J'aime

  8. marie
    9 février 2017

    Bonjour billet extrêmement interessant . merci bonne journée MTH

    Aimé par 2 people

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

PageRank
M6R-68

Member of The Internet Defense League

Stop TTIP !
%d blogueurs aiment cette page :